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Port de Horta à Faial |
A vous tous qui nous suivez, bonjour !
Vous êtes en vacances, détendus, les pieds en éventail, vous faites la planche sous le soleil pour enfin obtenir ce joli hâle cuivré dont vous avez tant rêvé pendant x mois et qui fera la jalousie et la convoitise des copains et copines et collègues et pour tout ceux qui manque à pas de chance ont tendance à virer au rouge cramoisi tendance écrevisse pendant cette période de l’année, ne vous inquiétez pas vos amis (bronzés) se chargeront de vous remonter le moral (les vicieux) en vous disant que le rouge est très tendance pour la rentrée et que c’est une couleur qui se marie avec tout et que quelque soit les tons que vous revêtirez vous serez en parfaite harmonie colorée et tout ça avec le sourire (les sadiques).
Et dire que nous poursuivons notre lente progression vers l’Europe en ignorant tout de ces drames humains, de ces frustrations, de ces joies et peines, en revanche si je peux me permettre un conseil pour les humains écrevisses, changez d’amis.
Bon mettons tout cela de côté voulez vous et poursuivons notre journal.
Nous sommes le 18 août 2006 et cette charmante analyse des grands moments de vacances vous est transmise en direct live du port de Horta à Faial, île des Açores. Une photo ?

Moins en moins de peinture à l’étrave, il est temps de rentrer…
Le 29 juillet 2006, nous avions quitté la baie de mouillage de Palmeira en direction de…nous ne savions alors pas trop.
Comme je vous l’avais précédemment écrit, les vents étant inconstants et multidirectionnelles, un coup d’ici, un coup de là, nous avions plusieurs options.
Au fur et à mesure des milles et des vents de nord-est puis nord puis re-nord-est et enfin re-nord, nous faisons donc route sur les Açores.
Les premiers jours se passent bien, nous avons entre 15 et 20 nœuds de vent, nous remontons au près de façon satisfaisante bien qu’étant dériveur avec une gîte de 30 °, nous tirons des bords quand besoin, les milles se décomptent.
Rapidement l’anémo indique une consternante et régulière descente du vent, nous appuierons le cap au moteur.
Une semaine s’écoule, une autre commence, nous nous engluons progressivement dans la pétole sans plus de réserve de gasoil, nous patientons.
Les jours passent le vent monte à 3 nœuds pour retomber à 0, notre ami Fred de Vertige nous confirme par téléphone le prolongement de la situation pour toute la semaine (nous sommes mardi).
Nous aurons dérivé de 25 milles au sud-est sur 48 heures.
Nous contacterons le Cross international qui au vu de notre position et après une étude avec l’ingénieur en météorologie déciderons de détourner un cargo pour nous porter du gasoil.
Nous sommes au centre d’une pétole longue et persistante et une grosse dépression est annoncée pour la semaine qui suit.
C’est avec l’appel de Thomas A. Murphy (une bonne bouille irlandaise), capitaine du cargo Naparima en provenance de Trinidad, que notre attente touchera à sa fin, le vendredi 11 août à 22h.
Nous nous mettrons à couple du cargo pour faire l’appro et c’est très impressionnant, vous en avez les jambes qui flageollent, heureusement tout se fait dans la joie et dans la bonne humeur, les manœuvres sont réussies.
Le capitaine et son équipage sont extraordinaires.

Ils en avaient jamais vu des comme nous, ben vuiche.
Ils insistent pour nous donner du gasoil en surquantité, de l’eau, de la nourriture, du vin de la bière. Nous les quitterons avec 200 litres de gasoil et l’assurance de retrouver le capitaine Murphy chez lui à Dublin.
A l’approche des îles, le vent monte en force, c’est de nuit que nous atteindrons le port de Horta, soit 1 476 milles et une navigation de 16 jours et plusieurs heures.

Faial et ses hotensias. En face, Pico.
Nous sommes accueillis par de magnifiques feux d’artifice, le port est en émoi, l’ambiance est d’enfer à croire que la population n’attendait que nous.
Bon on peut toujours rêver, il n’ y a pas de mal à cela, non ?
En fait les feux d’artifice n’étaient pas que pour nous, mais aussi un petit peu pour les voiliers de course de la Transat 6.50 « les Sables – les Açores – les Sables «

Les minis en banderolles au port de Horta.
Partis le 30 juillet dernier des Sables d’Olonne pour les Açores, les solitaires des Mini 6.50 quitteront le port de Faial le mardi 21 août pour retourner à leur point de départ.
Après plusieurs mois passés en Afrique c’est avec joie que nous découvrirons tous les charmes de cette île européenne.
Tout est là pour faciliter la vie, vous trouver de tout avec en prime, la gentillesse et la sympathie des insulaires.
C’est là que nous retrouverons Rom. et Catherine du bateau Saga, grands marins tout deux et habitués des Açores, partis eux aussi du Cap Vert et c’est ensemble que nous ferons le tour de l’île en 4x4.

Au fond, Catherine, Rom, Christophe, Emidio, Moi.
Les paysages sont magnifiques, tout est vert et fleuris.
Les hortensias et la vache qui fait l’objet d’un élevage intensif sont les symboles de cette île.