Ebounkoute

 

 Le ravitaillement étant fait, nous poursuivons notre chemin de l’autre coté du fleuve dans un bolon pour mouiller cette fois à Ebounkoute face au village de Kachouane où nous serons invités par la grande famille Diouf à l’occasion de la Tabaski.

Photo réalisée sans aucun trucage, 100% naturel.

 

Dame nature fait parfois très bien les choses, les paysages sont à vous couper le souffle, nous avons un peu de mal à écourter nos escales, les sites sont merveilleux, nous sommes vite adoptées par les locaux, et puis il y a les huîtres de palétuviers que vous faites griller.

Il y en a de partout, c’est fou et ça vous rend fou.

Bienvenu au pays de Caucagne.

 

Et vous avez même un Bocuse ici, en pleine savane.

C’est la porte ouverte à toutes les fenêtres, vous ne me croyez pas, visez la photo.

Là, regardez, c’est écrit Bocuse sur le pilier à droite.

 

Musa le propriétaire nous a tous invité gracieusement à dîner et je vous assure que l’on y mange très bien et l’ambiance est assez extraordinaire.

Au menu : poisson lune. Et c’est très bon.

On nous avait souvent dit que ce poisson là ne se mangeait pas, balivernes !!!! Il a un goût très fin, donc pas d’hésitation si vous en voyez un, vite à vos gaffes, vous ne le regretterez pas.

Chants et danses africaines. Fatiha, quelle souplesse !!

 

A titre d’infos pour tous les grands voileux, une grande fête des voiliers  aura lieu à Kachouane entre le 26 et le 28/02/06.

Tout le monde peut y assister, c’est un évènement organisé par le même Musa, qui espère ainsi remercier tous les navigateurs de passage qui laisse dans le village une trace de solidarité, d’aide aux locaux.

Il y a de fortes chances pour que cette fête devienne annuelle, donc notez sur vos carnets et rendez vous à Kachouane.

Le message est passé.

 

Mercredi 11/01/06, jour de la Tabaski.

Le matin les hommes vont prier avec l’imam avant d’égorger le mouton.

Nous passerons la journée avec la grande famille Diouf qui nous ont adoptés, nous ne sommes plus les simples toubabs, mais une nouvelle branche de cette famille.

Notre capitaine Chris s’entendra appelé Issa, qui est la traduction musulmane de Jésus Christ et moi, Maryama, Marie (Madeleine ?) Diouf.

 

Un peu gênés mais aussi très touchés par cette adoption, nous continuons les festivités.

Les hommes s’occupent du bélier sacrifié, les femmes s’occupent de la tambouille.

Assassins !

 

Tout se garde rien ne se jette.

 

 Adieu assiettes et couverts, vive les mains !

 

Le repas terminé, les parures festives sont préparées à l’aide de feuilles de cocotier.

Mustafa Diouf est paré (adversaire de Christophe pour une lutte sénégalaise)

 

pour danser avec les villageois.

 

La journée se termine aux sons des tamtams et nous remettrons ça le lendemain.

Journée magnifique avec un seul bémol, notre capitaine après une mauvaise chute pendant la lutte se casse une côte.

Aucune inquiétude les amis, timousse veille sur son homme.

D’après les radios, sa côte se ressoude très bien, mais de vous à moi, il vit sa période de frustration car il est interdit de bricolage, de réglage, de manœuvre, il est en repos forcé.

Dis Christophe, c’est loin la France ?

Tais toi et rame! C’est dans l’autre sens.

 

Comme vous pouvez le constater, tout se passe bien.

Nous nous attardons en Casamance car elle le vaut bien, nous sommes sous le charme, les jours défilent si vite et nos plans de navigation sont en voie de changement.

 

De part l’état de Christophe, je m’implique de plus en plus dans les petites choses de la vie sur un bateau : je rame de plus en plus droit (mais n’ais toujours pas atteint les côtes françaises), je remonte l’ancre, je m’occupe du mouillage, je fais le ravitaillement d’eau au puit avec des bidons, plus mes tâches de timousse.

Oh maman, si seulement tu pouvais goûter à mon pain, tu serais fière de moi.

Nageuse allemande tenant un pain.

 

                                                                                                               

Voici donc notre dur quotidien.

 

Nous testons de nouveaux mouillages parmi les différents bolons du  fleuve qui se trouvent sur le chemin de Ziguinchor où nous nous rendons pour un bon ravitaillement.

Après Kachouane, où nous sommes restés jusqu’au 15/01, nous avons fait la connaissance de 2 lieux hors du temps et de la civilisation.

 

Djiromait :

 

Petit village typique avec ses cases, son décor, ses enfants.

 

A peine arrivés, une foule d’enfants en délire nous attend sur la plage,

Disputes et luttes ont eu lieu malgré nos protestations, pour pouvoir tenir notre main.

Et c’est avec curiosité qu’ils remarquent ces mains de toubabs, ils les caressent et touchent pour vérifier leur texture.

Et c’est une drôle de procession qui gagne le cœur du village où nous nous arrêtons pour boire le thé dans la maison du chef du village parmi les éclats de rire des femmes et les cris des enfants.

 

Nous y resterons 3 jours.

 

Nous ferons un rapide tour du complexe hôtelier construit par les locaux et qui malheureusement est en abandon complet.

Une structure trop grande, trop étendue, les investissements ne sont plus rentables face aux quelques visiteurs qui viennent au village.

 Une partie de l’hôtel.

 

Prêts pour repartir, nous quittons Djiromait, pour mouiller quelques milles plus loin.

 

Ariandaboule :

 

C’est un bolon où il n’y a pas âme qui vive et qui ne figurait même pas sur les cartes.

C’est un coin où les oiseaux sont rois.

Vole petit oiseau, vole et n’oublies pas que l’on est juste en dessous.

 

A certaine période, quelques pêcheurs restent sur la « petite plage » de coquille d’huîtres, la petite cabane et les quelques affaires en témoignent.

La cabane du pêcheur de Francis Cabrel ?

 

Et il y a des huîtres de palétuviers de partout. C’est inimaginable.

Vous avez l’impression d’être un figurant d’une nouvelle de Ray Bradbury, où les héros sont toujours les éléments de la nature et où votre condition de petit être humain vous fait sentir bien petit.

Et vous vous demandez où est le piège devant tant d’abondance et de beauté.

Nous n’avons pas la réponse.

Mais nous nous sommes empressés de préparer le festin du soir

Préparatif du feu par Laurent.

 

Organisation de la tambouille.

 

Les huîtres sont prêtes, à chacun sa branche !!

 

Bien mangé, bien reposé, nous quittons le boulon (non, sans s’être un peu perdu) nous rejoindrons quelques heures plus tard Ziguinchor.

 

Ziguinchor :

Ziguinchor by night. Terrasse de l’hôtel Kandoubagne.

 

C’est une ville particulière au rythme lent, typiquement africaine.

Elle nous servira de point de ravitaillement.

Sans oublier l’hôpital régional où nous ferons les radios de Christophe lesquelles nous rassureront sur son état.

L’hôpital, mais quel grand moment !!!

L’administratif est tortueux et irréelle.

Les médecins sont cherchés par chauffeurs envoyés par les secrétaires

car ils s’oublient et votre rendez vous de 8h est reporté à 10h, et quelle chance que vous soyez un toubab, vous passerez avant tout le monde mais on vous fera payer le double. C’est comme ça pour eux.

Je bouillonne de rage, je fais un scandale et nous paierons le tarif local.

Pendant ce temps, alors que je m’égosille, notre capitaine aura sauvé la vie d’un patient en lui achetant ces médicaments et pansements, il aura assisté brièvement à une circoncision en attendant que ses radios sèchent sur la clim (cherchez l’erreur)

Marchandage de soins à l’hôpital. C’est fou.

 

Voilà où nous en sommes.

Nous profitons de cette halte pour vous envoyer ces quelques infos, passer nos coups de fil car ailleurs le télèphone ne passe pas.

 

Suite du programme :

Nous retournerons vers le 28 – 29/01 à Kachouane, pour retrouver Yves et Delphine et toute la famille Diouf, nous en profiterons pour  brosser la coque en échouant Pastis sur la plage pendant la marée basse.

Et direction : Les Bijagos.

Autre lieu où le temps n’a aucun impact sur les autochtones, vêtus de pagnes, ils voient très peu d’hommes décolorés avec des cheveux lisses qui viennent de la mer (ben nous).

Notre escale suivante sera certainement l’île d’Ascension, nous risquons une nouvelle fois de tarder à vous envoyer des nouvelles, ne nous en tenez pas rigueur.

D’ici là prenez bien soin de vous et continuez à nous écrire.