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Noël & Nouvel An |
Que la grâce, la santé et l’amour soient sur vous, parents et amis.
Que la paix règne dans vos chaumières.
Enfin, nous nous retrouvons.
Noël et jour de l’an ont été fêtés loin de vous, mais
Ma douce maman (tu es la plus belle du monde), mon gentil papa,

Jeanine, Loulou, Manon, Margaux,

Géraldine, Laurent, Isa, Ivan,

Frère, Sylvie, Eden et Thierry par la même occasion,

Evrem, Yeliz, Alev, X (désolée, j’ai oublié son prénom), Leslie

Nicolas, Aylin (ce sont les jeunes mariés, tout mignons, tout beaux), Timur, mon beau Tonton et ma très belle Tati (as Shakira)

Nous pensions fort à vous, et nous vous souhaitons à tous un très beau noël, et une magnifique année avec pour ingrédients :
- des quintaux de bonheur
- des tonnes d’amour
- des kilos de sérénité
- et quelques grammes de chance
et le tout à vivre dans la joie et en pleine santé.
Idem pour vous les amis, plein de bonnes choses pour 2006,

à toi, ma belle Isa (Z) ainsi qu’à toute ta famille : GROS BISOUS et ON VOUS AIME FORT.
Et à toi super Georgio, sans qui ce site n’existerait pas, merci pour le temps et les efforts que tu nous consacres, bonne année à toi et à toute ta famille.
Ainsi que pour tous nos amis dont nous n’avons pas les photos, on ne vous oublie pas.
Euh, tu sais, Georgio, que nous avons rencontré des gens (et pourtant d’apparences normaux) naviguant sur des bateaux encore plus petit que Téthys.
De charmants canadiens presque en âge de la retraite sur une goëllette en bois de 7m environ avec un franc bord d’une hauteur de 60 cm à peine et qui font tous les 4 ans la traversée de l’atlantique.
Ahurissant non ?
Et c’est quand que tu nous rejoins alors ?
Ceci étant dit,
passons à la suite.
Tous vos messages nous ont réchauffé le cœur, merci à tous, ma très chère et belle cousine Aylin, tu as été la première à nous écrire tes vœux, j’ai failli faire déborder ma petite larme, mais j’ai tenu bon (à part ça, comment vont les cours de aïkido (gnarf, gnarf….)).
D’ailleurs, à ce propos, continuons notre classement (Aylin, gare à tes fesses).
- 1ère : Jeanine. Vous êtes notre fan numéro 1, merci.
- 2nd : Luc and co. Nous avons des amis.
- 3ème : Margaux. Oooptiiiique 2000.
- 4ème : Manon. Ben alors !!!
- 5ème : Miss aïkido, alias Aylin et toute la tribu Kiran, snif, snif, c’est beau.
Que de changements depuis notre dernier classement, les places suivantes sont très serrées, donc à vos claviers parents et amis, ne vous retenez pas d’écrire, laissez s’exprimer ce talent d’écrivain qui sommeille en vous, faites nous une telle explosion de mots que même les plus beaux feux d’artifice se pâment d’envie et de jalousie.
Notre dernier journal date de notre arrivée à Dakar, soit le 10/11/05 (pour toi, Robert), l’envoi d’infos supplémentaires n’a pu être fait car votre humble scribe (moi) était retournée en France pendant 10 jours (maman, papa, vous me manquiez) et après notre clef USB, que nous venons de retrouver, s’en était aller vagabonder ailleurs.
Que de choses !!!
Et il est vrai que depuis que nous sommes en Casamance, trouver un cyber dans les villages où il n’y a même pas d’électricité ou très peu et où l’eau sort du puit et non pas du robinet est un combat perdu d’avance.
Donc nous voici en Casamance.
Qu’il est loin le temps de la poussière, des odeurs enivrantes d’égouts, de la circulation kamikaze, des gens empressés et oppressants…
Qu’il est loin le temps de Dakar.
Beaucoup de souvenirs, tant de choses à raconter, mais la tranquillité et le silence de notre mouillage me fait souffrir d’une flemme aigûe, et c’est avec difficulté que je sors de ma torpeur pour vous conter nos vus et sus.
Allez, suivez moi, prenez ma main et laissez moi vous raconter tout cela et vous présenter les personnes qui ont enrichies vos humbles serviteurs. La chaleur me guette (35°), le carré avec sa fraîcheur me sussurre des mots doux mais je tiendrais bon.
DAKAR bis :
Nous y revoilà.
Donc, comme je vous le disais, arrivés le 10/11 au mouillage du CVD, nous y resterons jusqu’au 30/12.
Les faits marquants de cette longue escale sont nombreux, rencontre de gens extraordinaires (Delphine, Yves, Fatiha, Laurent) et d’autres pas extraordinaires du tout ( là pas de nom, ils se reconnaîtront tout seuls comme des grands), l’invitation à Déjeuner chez notre ami Samba, alias Jacques Brel, mon retour en France (toute cette viande, ces fromages, et les petits pains de maman, et les rayons extraordinairement nombreux et chargés des « Auchan » et des « Carrefour » qui vous chantonnent d’une façon horriblement sexy « alors, on t’a manqué, allez lâches toi, achètes nous, manges nous à t’en faire une indigestion digne d’ un romain en plein banquet, cool chérie »), et l’arrivée des parents et filles de Christophe pour une semaine à Dakar.
Commençons par notre ami Samba.
Samba, que tout le monde appelle Jacques Brel, connu de tout Dakar, que nous avons rencontré lors de marchandages.
Sa philosophie de vie : « ne jamais aller plus vite que la musique, sinon on danse mal ». Ca déchire, hein ?
Comme vous pourrez le constater, la ressemblance avec notre Brel est assez troublante, non ?

A gauche, notre ami Jacques et son cousin
Un lien se crée, rencontre avec toute la famille.
Nous arrivons sans trop savoir à quoi nous attendre.
Nos premiers pas nous font découvrir une ribambelle d’enfants, pleins de partout, des femmes à foison, vive la polygamie ! et des hommes trop occupés à palabrer tandis que les jeunes s’épuisent au foot.
Et nous dans tout ça ?
Christophe au foot, il encourage depuis le trône que l’on lui a confectionné et moi dans la cuisine, avec Fatou (cousine de Jacques, et éventuellement future 2nde épouse de notre bonhomme) à préparer la tiboudienne.

J’arrive à porter la louche d’une
seule main, cool hein ?
Mais qu’est ce que la tiboudienne me demanderez vous ? Hé hé !
C’est un plat typique sénégalais, qui ressemble un peu au couscous par sa présentation, à base de riz avec des légumes (carottes, patates douces, navets, choux) et du poisson, on mijote les 2 derniers dans une sauce bien relevée que l’on sert sur le riz.
On mange par terre car pas de table et sans cuillère comme tout le monde, on est pas des sauvages, nous, allez, Yallah à la main.

Bon, je m’essuie sur qui maintenant ?
Après le miam, c’est la dégustation du thé, le rituel de l’ataya, très long, se compose de 3 différents thé très beaucoup archi sucré.
Le premier verre de thé servi est : « fort comme l’homme. »
Le second, « solide comme l’amitié. »
Le dernier est « doux comme l’amour. »
Nous quittons nos amis en nous promettant de nous revoir très bientôt.
La Téranga sénégalaise (hospitalité) est une chose extraordinaire.
C’est l’état d’esprit d’un peuple aux qualités humaines indéniables.
L’hospitalité, la chaleur, la convivialité, la solidarité sont en partie ce qui qualifie ces gens.
Nous avons beaucoup à apprendre, nous pauvres européens.
Autre découverte, Dakar accueille sur 4 jours plus de 110 grosses entreprises turcs, c’est l’exposition des produits turcs.
Le Sénégal en est friand et je l’avoue, je suis assez fière de voir tous ces produits vendus dans toutes les boutiques, et je me dis : « ah, ils sont forts ces turcs.»
Nous nous y rendons de ce pas, je m’imagine déjà les fromages et autres produits laitiers et saucissons que je vais pouvoir acheter et qui feront notre régal. Et finalement, je me retrouve traductrice avec dans nos mains, des sacs remplis de provisions offerts par les représentants
de mon pays sous les yeux ébahis de ma tendre moitié.

J’arrive à tenir d’une main mon drapeau sans même me déséquilibrer, trop fort non ?
Je crois que je souffre de chauvinisme aigûe.
Ma foi, tant pis, j‘ai la chance d’avoir 2 pays, la Turquie, mes origines, la France qui m’a adopté.
Qu’à cela ne tienne, nous voici repartis pour de nouvelles aventures,
Delphine, ma chère amie, s’en retourne en Casamance par avion, et Yves la rejoint en trimaran quelques jours plus tard.
Tristes de nous séparés, malgré notre promesse de nous retrouver et de réveillonner ensemble, nous décidons de faire une « surprise » à Yves, et ainsi retarder un peu son départ, quelle idée aussi de partir à 6h du matin, même les poules dorment encore à cette heure ci.
Un peu avant, vers les 3 h du matin avec notre ami David, nous décidons de décorer le trimaran de papier toilettes (3 rouleaux) solidement attaché par du scotch barnier.
Nous avions hésité, c’était soit ça, soit des kilos de poulpes dans son cockpit, finalement l’odeur n’étant pas très engageante, nous sommes restés sur le PQ, et puis ça pouvait lui servir.
Le résultat ?

Pas mal hein ?
La tête d’Yves au matin ? Etonné et très surpris.
Il a mis un peu plus de temps à décoller du mouillage que prévu, un petit rangement matinal s’imposait.
Bref, le gang du Pastis avait bien frappé.
Sur ce, je retourne en France pour une dizaine de jours.
Revoir la famille, les amis, le froid, le frigos bien rempli, ma voiture (une sacrée farceuse celle là d’ailleurs), le chat (obèse), les tortues (ils ont bien grandi), me sens un peu décalé.
Et puis plein de choses encore, et puis le retour (un petit gloups) avec une double otite, une rhino, une bronchite, le tout soigné à Dakar à coup d’antibio. sur 15 jours, mais heureuse d’avoir fait le voyage.
3 jours après mon arrivée à Dakar (je vois des autruches volantes), nous recevons Jeanine, Loulou, Manon et Margaux pour une semaine.
Les activités reprennent (j’ai 2 de tension), nous visitons le zoo de Hann, cé plein di zanimo di partout et y’a même di crocodilsme.
Visite de Dakar, et plus particulièrement le marché de Sandaga qui aura fait le bonheur des filles (j‘ai trop chaud), c’est pire qu’à la Foire fouille, tu trouves de tout, même ce que tu n’as pas besoin.
Bref, visite des étals, ponctuée de marchandages et de demandes en mariages pour les filles, avec pour commentaire : « elles sont belles comme des langoustes grillées avec un filet de citron ». Bienvenue au Sénégal, pays de tous les grands poêtes.
Ah oui, si vous doutez de vous ou que vous ayez envie de savoir ce que vous pouvez bien valoir, un conseil : venez donc faire un petit tour par ici, si si, je vous laisse marcher 5mn maxi, et quelqu’un viendra forcément vous faire la proposition d’un bon troc : vous contre 450 chameaux, et c’est là, où vous vous dites que vous concernant, ben y’a de l’espoir et vous riez bêtement.
Sénégal, pays des grands rêves, où chacune (ben, nous les femmes) vaut bien quelques chameaux.
Adieu, moutons et chameaux, revenons à la réalité, nous allons à la découverte de l’île de Gorée, située à 5milles au large de Dakar.

Sur Pastis sont présents, le capitaine et son ti mousse, les parents, les filles, Laurent et Fatiha du bateau Carpe Diem, avec lesquels nous déciderons de faire un petit bout de chemin ensemble.
Nous voilà donc partis, pour la première fois, tous ensemble, parents, enfants et amis un lundi.
Le jour a-t-il vraiment son importance me demanderez vous, eh ben vuiche, car le lundi, c’est jour de fermeture de plusieurs bâtiments que nous n’aurons donc pas pu visiter.
Peu importe.
L’île de Gorée est l’un des sites consacré patrimoine mondial par l’UNESCO.
Ancienne île de « captiverie », elle fût l’un des centres du commerce triangulaire, où l’on peut visiter (sauf le lundi) la Maison des Esclaves, classée monument historique, le Musée de la Mer et les ruines des différents forts.
Autrefois, lieu de troubles et de trafic inhumain, Gorée est aujourd’hui un lieu de calme, un repère d’artistes au talent fou, un endroit au charme fou.

La maison des esclaves.
Art
moderne.
Vestige du passé.
Le
calme règne enfin.
Pour toi Aylin, tu ne veux pas venir faire un tour ici, les chats ont besoin de toi.
Après avoir flané dans les ruelles de Gorée, nous décidons de passer à une étape beaucoup plus dynamique.
Le Lac Rose.

Le lac Rose, appelé en fait lac Retba, doit son surnom à une algue microscopique qui oxyde le fer contenu dans l’eau très salée (320g/litre) et qui prend la couleur rose grâce à l’action des rayons solaires (j‘ai bien retenu la leçon).
Le Lac Rose est plus connu en tant qu’arrivée du Paris Dakar, que nous avons fait tous ensemble en quad.

Super Loulou et Jeanine qui s’est découverte une passion : le quad.

Manon et Margaux, à l’aise sur terre, sur dune et sur mer.

Chose incroyable : notre capitaine a délaissé son bateau au profit d’un quad, y aurait il de l’eau dans le gaz entre les deux amoureux ?
Randonnée de près de 2 heures en quad tout autour du lac, dans les dunes et sur la plage.
Mais bon tout ça, ça creuse et bien sur qui fait la popote ?
C’est timousse qui écrase le mil pour faire de la bouillie ?
Ben non, en fait super resto, dans un super cadre avec une super piscine (avec en option des insectes encore vivants).

Elle est pas belle la vie ?
Journée qui a bien commencé, qui s’est merveilleusement déroulée et qui s’achève avec des souvenirs pleins les yeux.
Les jours ont passé, le moment de se séparer avec la famille arrive.
Ils doivent retourner en France, nous fêterons Noël sans eux.
Mais forcément, qui dit séparation douloureuse, dit séquelle irrémédiable, voyez plutôt.

Manon, Margaux et Christophe se retrouvent.

Le retour en France s’impose, c’est dur !!!
C’est beau l’amour d’un père et de ses filles, RIRE !
Désolée les filles, mais je trouve cette photo trop craquante, votre charisme en prendra un petit coup, mais vous restez toujours aussi belles, allez on sourit maintenant.
Voilà, la séparation a eu
lieu, nous n’avons plus rien qui nous retient à Dakar, après un dîner de Noël
sur Pastis avec Laurent et Fatiha,
Notre petit sapin de Noël décoré de colliers de coquillages et de poissons –en peluche.
nous prenons la mer le 30/12 pour rejoindre Delphine et Yves en Casamance à Elinkine pour réveillonner avec eux.
Nos deux compères du Carpe Diem nous retrouverons 3 jours plus tard, faute de mauvais temps.
La Casamance :
Elinkine.
Après une navigation de 24h pour parcourir 139 milles, le tout à la voile avec un vent de travers et une mer passablement agitée (qu’il est bon de retrouver cette sensation de retournement d’organes internes après un long mouillage) j’ai fait plus ample connaissance avec cet objet aux courbes parfaites, le seau.
C’est beau la mer !
Petite visite nocturne sur notre bateau, enfin plutôt sur ma tête, d’une mouette un peu fatiguée.

Pourquoi, moi, j’ai pas des ailes ?
Vous remarquerez, chers amis, que j’ai forcément quelque chose qui attire ce genre de rencontres, après les poissons volants, les calamars sauteurs, les insectes en délire, voici maintenant, mesdames et messieurs pour votre grand plaisir la mouette sous ecstasy.
Mouaiche, je préfèrerais quand même un bœuf surfeur, je l’aiderais même à monter sur le bateau, et lui ferais faire le tour de la cuisine.
Mais bon, sans peur et sans reproche, notre navigation continue et arrivons au petit matin à l’entrée de la Casamance

Psychédéliques, les couleurs le matin, non ?
où nous ferons la connaissance de déferlantes dignes de surfeurs hawaïens, conséquence des hauts fonds.
Pastis, lui aussi, sans peur et sans reproche traversera les obstacles de maman nature (ah celle là alors) pour admirer ce paysage.

Euh, il fait quel temps en France en ce moment ?
Et voilà, retrouvailles avec nos amis Delphine et Yves du trimaran Allegro Vivace.
On dîne ensemble,

au campement du village, au menu, du poulet bicyclette, ce n’est ni un vélo comestible ni un poulet sujet à une transmutation génétique, mais simplement un poulet élevé en liberté et qui passe son temps à courir dans les ruelles du village.
En fait tous les animaux sont dans les rues, ils sont tranquilles, se mêlent à l’ambiance locale, font les marchés, profitent de la plage, c’est assez marrant, vous rencontrez à tout bout de champs, des cochons noirs (ben vuiche, c’est la couleur locale), des chèvres, des moutons, des poulets pas farouches du tout.
Je leur ai bien proposé s’ils ne voulaient pas prendre un verre sur le bateau ou simplement leur montrer le coin cuisine (cela devient obsessionnel chez moi) mais non, j’ai essuyé un refus. Pas grave, ma patience est grande.
Je parle, je parle et je m’égare.
Nous finissons de dîner et sommes invités à faire la fête à la caserne militaire.
Pourquoi pas ?
Nous apprenons en fait, que tout est prétexte pour faire la fête chez les militaires, tout le village est invité.
La sono est terrible, les enregistrements sur K7 se succèdent, chacun y va de sa petite danse, et nous passons de l’année 2005 à l’année 2006.

Moi, j‘ai un ami tout noir
Ben voilà une bonne chose de faite.
La fête est finie, nous rentrons nous reposer.
Visite du village.
Les petites boutiques se succèdent,

Devanture d’une boutique restauration.
les autochtones nous saluent, les enfants chantonnent en choeur « toubabs bonzour » et s’empressent de vous donner la main.

Ah, j’oubliais, cette douce odeur de poisson pourrie qui vous attrape le nez à vous l’arracher, et qui vous dit, « viens donc par là, je vais te montrer tout plein di choses ».
Allez visite de la sècherie :

On sèche le poisson pour le revendre par la suite à l’étranger, dans le lot, vous pouvez trouver du requin, de la raie et raie guitare (des poissons musiciens), de la fausse morue (doit certainement souffrir d’un problème de comportement) et d’autres espèces que nous n’avons pu détaillé suite à un état de pourriture avancé (pas nous, les poissons).
Une petite photo ?

Et vous n’avez que l’image, pas les odeurs, sacrés veinards !
Mais juste une autre photo où vous n’aurez que l’image et pas le goût,

Cocotier hypnotiseur.
nous, nous l’avons goûté et franchement, c’est un régal.
Dommage pour vous.
Nos amis Yves et Delphine doivent se rendre à Ziguinchor qui est à 60 km d’Elinkine, grande ville de la Casamance, pour prolonger leurs visas avant la grande fête de la Tabaski (fête du mouton), c’est un vrai parcours du combattant pour se trouver un taxi 7 places, tous les villageois se rendent à Zig pour les préparatifs de la fête et le ravitaillement.
Après plusieurs heures d’attente, nous en trouvons un qui veut bien nous laisser dans un village plus grand, où nous aurons plus de chance d’en trouver un, nous dit il, le gentil monsieur, mais le truc (la voiture) refuse de démarrer, alors tout le monde pousse, sauf moi, je prends la photo.

Pas besoin de salle de musculation ici au Sénégal.
Résultat : 12h pour faire 60 km en taxi brousse, montée d’adrénaline garantie, les voies sont, euh… trouées, ou on peut même dire cratèrisées, en fait il n’existe pas vraiment de terme pour expliquer.
Au retour dans notre village paisible, nous aurons ramenés la poussière, nos tripes retournés par les chocs et cahotements et un fromager vieux de 400ans en photo dans le village de Mlomp.

Le ravitaillement étant fait, nous poursuivons notre chemin de l’autre coté du fleuve dans un bolon pour mouiller cette fois à Ebounkoute face au village de Kachouane où nous serons invités par la grande famille Diouf à l’occasion de la Tabaski.

Photo réalisée sans aucun trucage, 100% naturel.
Dame nature fait parfois très bien les choses, les paysages sont à vous couper le souffle, nous avons un peu de mal à écourter nos escales, les sites sont merveilleux, nous sommes vite adoptées par les locaux, et puis il y a les huîtres de palétuviers que vous faites griller.
Il y en a de partout, c’est fou et ça vous rend fou.
Bienvenu au pays de Caucagne.
Et vous avez même un Bocuse ici, en pleine savane.
C’est la porte ouverte à toutes les fenêtres, vous ne me croyez pas, visez la photo.

Là, regardez, c’est écrit Bocuse sur le pilier à droite.
Musa le propriétaire nous a tous invité gracieusement à dîner et je vous assure que l’on y mange très bien et l’ambiance est assez extraordinaire.
Au menu : poisson lune. Et c’est très bon.
On nous avait souvent dit que ce poisson là ne se mangeait pas, balivernes !!!! Il a un goût très fin, donc pas d’hésitation si vous en voyez un, vite à vos gaffes, vous ne le regretterez pas.

Chants et danses africaines. Fatiha, quelle souplesse !!
A titre d’infos pour tous les grands voileux, une grande fête des voiliers aura lieu à Kachouane entre le 26 et le 28/02/06.
Tout le monde peut y assister, c’est un évènement organisé par le même Musa, qui espère ainsi remercier tous les navigateurs de passage qui laisse dans le village une trace de solidarité, d’aide aux locaux.
Il y a de fortes chances pour que cette fête devienne annuelle, donc notez sur vos carnets et rendez vous à Kachouane.
Le message est passé.
Mercredi 11/01/06, jour de la Tabaski.
Le matin les hommes vont prier avec l’imam avant d’égorger le mouton.
Nous passerons la journée avec la grande famille Diouf qui nous ont adoptés, nous ne sommes plus les simples toubabs, mais une nouvelle branche de cette famille.
Notre capitaine Chris s’entendra appelé Issa, qui est la traduction musulmane de Jésus Christ et moi, Maryama, Marie (Madeleine ?) Diouf.

Un peu gênés mais aussi très touchés par cette adoption, nous continuons les festivités.
Les hommes s’occupent du bélier sacrifié, les femmes s’occupent de la tambouille.

Assassins !
Tout se garde rien ne se jette.
Adieu assiettes et couverts, vive les mains !
Le repas terminé, les parures festives sont préparées à l’aide de feuilles de cocotier.

Mustafa Diouf est paré (adversaire de Christophe pour une lutte sénégalaise)

pour danser avec les villageois.
La journée se termine aux sons des tamtams et nous remettrons ça le lendemain.
Journée magnifique avec un seul bémol, notre capitaine après une mauvaise chute pendant la lutte se casse une côte.
Aucune inquiétude les amis, timousse veille sur son homme.
D’après les radios, sa côte se ressoude très bien, mais de vous à moi, il vit sa période de frustration car il est interdit de bricolage, de réglage, de manœuvre, il est en repos forcé.

Dis Christophe, c’est loin la France ?
Tais toi et rame! C’est dans l’autre sens.
Comme vous pouvez le constater, tout se passe bien.
Nous nous attardons en Casamance car elle le vaut bien, nous sommes sous le charme, les jours défilent si vite et nos plans de navigation sont en voie de changement.
De part l’état de Christophe, je m’implique de plus en plus dans les petites choses de la vie sur un bateau : je rame de plus en plus droit (mais n’ais toujours pas atteint les côtes françaises), je remonte l’ancre, je m’occupe du mouillage, je fais le ravitaillement d’eau au puit avec des bidons, plus mes tâches de timousse.
Oh maman, si seulement tu pouvais goûter à mon pain, tu serais fière de moi.

Nageuse allemande tenant un pain.
Voici donc notre dur quotidien.
Nous testons de nouveaux mouillages parmi les différents bolons du fleuve qui se trouvent sur le chemin de Ziguinchor où nous nous rendons pour un bon ravitaillement.
Après Kachouane, où nous sommes restés jusqu’au 15/01, nous avons fait la connaissance de 2 lieux hors du temps et de la civilisation.
Djiromait :
Petit village typique avec ses cases, son décor, ses enfants.

A peine arrivés, une foule d’enfants en délire nous attend sur la plage,
Disputes et luttes ont eu lieu malgré nos protestations, pour pouvoir tenir notre main.
Et c’est avec curiosité qu’ils remarquent ces mains de toubabs, ils les caressent et touchent pour vérifier leur texture.
Et c’est une drôle de procession qui gagne le cœur du village où nous nous arrêtons pour boire le thé dans la maison du chef du village parmi les éclats de rire des femmes et les cris des enfants.
Nous y resterons 3 jours.
Nous ferons un rapide tour du complexe hôtelier construit par les locaux et qui malheureusement est en abandon complet.
Une structure trop grande, trop étendue, les investissements ne sont plus rentables face aux quelques visiteurs qui viennent au village.

Une partie de l’hôtel.
Prêts pour repartir, nous quittons Djiromait, pour mouiller quelques milles plus loin.
Ariandaboule :
C’est un bolon où il n’y a pas âme qui vive et qui ne figurait même pas sur les cartes.
C’est un coin où les oiseaux sont rois.

Vole petit oiseau, vole et n’oublies pas que l’on est juste en dessous.
A certaine période, quelques pêcheurs restent sur la « petite plage » de coquille d’huîtres, la petite cabane et les quelques affaires en témoignent.

La cabane du pêcheur de Francis Cabrel ?
Et il y a des huîtres de palétuviers de partout. C’est inimaginable.
Vous avez l’impression d’être un figurant d’une nouvelle de Ray Bradbury, où les héros sont toujours les éléments de la nature et où votre condition de petit être humain vous fait sentir bien petit.
Et vous vous demandez où est le piège devant tant d’abondance et de beauté.
Nous n’avons pas la réponse.
Mais nous nous sommes empressés de préparer le festin du soir

Préparatif du feu par Laurent.

Organisation de la tambouille.

Les huîtres sont prêtes, à chacun sa branche !!
Bien mangé, bien reposé, nous quittons le boulon (non, sans s’être un peu perdu) nous rejoindrons quelques heures plus tard Ziguinchor.
Ziguinchor :

Ziguinchor by night. Terrasse de l’hôtel Kandoubagne.
C’est une ville particulière au rythme lent, typiquement africaine.
Elle nous servira de point de ravitaillement.
Sans oublier l’hôpital régional où nous ferons les radios de Christophe lesquelles nous rassureront sur son état.
L’hôpital, mais quel grand moment !!!
L’administratif est tortueux et irréelle.
Les médecins sont cherchés par chauffeurs envoyés par les secrétaires
car ils s’oublient et votre rendez vous de 8h est reporté à 10h, et quelle chance que vous soyez un toubab, vous passerez avant tout le monde mais on vous fera payer le double. C’est comme ça pour eux.
Je bouillonne de rage, je fais un scandale et nous paierons le tarif local.
Pendant ce temps, alors que je m’égosille, notre capitaine aura sauvé la vie d’un patient en lui achetant ces médicaments et pansements, il aura assisté brièvement à une circoncision en attendant que ses radios sèchent sur la clim (cherchez l’erreur)
Marchandage de soins à l’hôpital. C’est fou.
Voilà où nous en sommes.
Nous profitons de cette halte pour vous envoyer ces quelques infos, passer nos coups de fil car ailleurs le télèphone ne passe pas.
Suite du programme :
Nous retournerons vers le 28 – 29/01 à Kachouane, pour retrouver Yves et Delphine et toute la famille Diouf, nous en profiterons pour brosser la coque en échouant Pastis sur la plage pendant la marée basse.
Et direction : Les Bijagos.
Autre lieu où le temps n’a aucun impact sur les autochtones, vêtus de pagnes, ils voient très peu d’hommes décolorés avec des cheveux lisses qui viennent de la mer (ben nous).
Notre escale suivante sera certainement l’île d’Ascension, nous risquons une nouvelle fois de tarder à vous envoyer des nouvelles, ne nous en tenez pas rigueur.
D’ici là prenez bien soin de vous et continuez à nous écrire.