La descente du Rhône

Acquis en hiver, notre beau bateau qui se languit de mers et aventures (comme son capitaine) n’attends que les beaux jours pour quitter les eaux douces du Rhône et  revêtir son superbe mât  pour taquiner et courtiser la belle Méditerranée.

Donc, première navigation, le 2mai 2005.

Le Rhône est en décru, Pastis s’impatiente, Pastis veut manger de l’écluse, Pastis est parti !!!

Sont présents pour le grand jour : Le Câpitaine, Jean-Nico et Emy (un couple d’amis) et Nesquik (ou Timousse, ou môa).

Le départ des Roches de Condrieu, se fait de bonne heure (7h, même les poules et les coqs dormaient encore).

Pastis, pour sa première journée, avide de grand large, file droit devant, traverse les écluses sans un regard derrière, et arrive à 18h au Port St Vivier (soit le Port Fantôme. Cœur sensible s’abstenir, rire, mais glauque quand même).

Après quelques pittoresques aventures que je tairais, le jour se lève, (car bien sûr il s’était couché entre temps, si, si, donc c’est le lendemain, si, si bis), tout le monde est motivé pour traverser les dernières écluses qui nous ferons passer du côté salé de la force, euh de la mer plutôt.

La journée se passe sans heurt, les paysages défilent, les heures aussi et que voit on au loin, au bout de 10 écluses…le beau port de St Louis (…) et ses sympathiques moustiques présentes, prêtes à l’attaque. Vade retro moustiqus !!!

Direction Marseille Pointe Rouge pour le mâtage le lendemain, car pas de place à St Louis (adieu moustiques du port de St louis, vous m’avez eu, mais je m’en vais digne).

J’aimerais vous faire une confidence, avant ma rencontre avec le capitaine, le monde enchantée de la plaisance m’était inconnu : bateau, moi pas connaître !!! Moi connaître voitures, trottinettes, motos (ce bon vieux bitume) et les paquebots de croisière, et pis c’est tout (peut être encore d’autres trucs mais je sais plus), mais cette bestiole que l’on nomme voilier, qui fait retourner la plupart de ces hommes instruits et cultivés à son état le plus primitif (où sont les mammoutes et leurs époque glorieuse ?), que nenni !!!! Mais bon…

 

·      Pastis à la mer :

 

Bref, le moment tant attendu arrivé, notre Pastis se retrouve coiffé d’un superbe mât, et il est vrai que cela change tout.

Nous passons propriétaires d’une grande barque à un magnifique voilier, avec des bouts de partout, des voiles à foisons et pleins de trucs qui traînent par terre, etc… bref plein de pièges (chacun de mes bleus ont une histoire à raconter).

Bref, nous voilà parés. Nous sillonnons la mer en direction de Port Grimaud, port d’attache de notre bébé.

Telle est la première épopée de Pastis (et non la dernière).

Depuis, nous sommes un peu partout, nous naviguons au gré des vents et marées, et nous avons même participé à la Porquerolle’s Cup, un grand moment de fou rire (Thierry, Doudou, si vous nous lisez : une pensée profonde), et nous sommes arrivés 1er de notre catégorie (même si nous étions les seuls dans la catégorie), parmi une centaine de bateau. Ensuite, nous avons fait une  petite visite à l’hôpital de la Ciotat, le cross, les pompiers, et le service d’urgence ont tous été formidables. Un grand merci à eux !

Ah oui, il faudrait peut être que je vous explique… et bien voilà, nous étions tellement impatients de voir ce que Pastis avait dans les tripes que nous sommes sortis en mer (un peu obligés aussi) par un temps  apocalyptique, avec un vent force 8 (moi je dirais plutôt 9, mais bon)  arrière, donc pas évident à garder un cap, je vous laisse deviner la suite, empannage, notre capitaine à goûter à cette merveilleuse chose qui se nomme bôme, donc résultat quelques étoiles, des petits zoziaux qui gazouillent (que seuls lui pouvaient entendre et voire, bien sûr), 5 points de suture au niveau de l’arcade et un look de vieux baroudeur des mers.

A titre d’info : PAR MAUVAIS TEMPS  : ON S’ ATTACHE  ET ON PORTE LE GILET !!!

Le port du gilet n’est peut être pas seyant, et le fait d’être attaché n’est pas encore une habitude, mais ces réflexes tout bêtes peuvent vous sauver la vie.